Règlement (UE) 2024/2847

Cyber Resilience Act

À jour au

Le règlement européen sur la cyberrésilience s’applique par défaut à presque tout produit logiciel ou connecté mis sur le marché de l’Union. Sa première échéance contraignante tombe le 11 septembre 2026 : le signalement des vulnérabilités activement exploitées. Cette page tient à jour ce que le texte impose, quand, et ce qui n’est pas encore prêt du côté des institutions.

Ce que le règlement impose, en bref

Le CRA est une loi horizontale : il ne vise pas un secteur, mais une catégorie. Les « produits comportant des éléments numériques » — tout logiciel ou matériel dont l’usage prévu comporte une connexion, directe ou indirecte, à un appareil ou à un réseau — relèvent de lui dès lors qu’ils sont mis sur le marché de l’Union (Art. 3). Les exclusions sont sectorielles et limitées : dispositifs médicaux sous MDR et IVDR, aviation civile, véhicules à moteur, entre autres (Art. 2).

Raisonner par secteur d’activité est donc le premier réflexe à corriger. La question n’est pas « mon métier est-il visé ? » mais « ce que je livre est-il un produit au sens du règlement ? ».

Les obligations, une fois le produit dans le périmètre

Le calendrier

Cinq dates structurent l’application du règlement. Deux sont derrière nous, la troisième est la seule qui engage aujourd’hui.

  1. 10 déc. 2024

    Entrée en vigueur

    Le règlement existe en droit. Aucune de ses obligations n’est encore exigible : la période qui s’ouvre est une période de préparation.

  2. 11 juin 2026

    Organismes d’évaluation de la conformité

    Les États membres peuvent notifier les organismes chargés d’évaluer la conformité des produits (Chapitre IV). Cette date ne concerne pas directement les fabricants.

    Cette échéance est adossée au seul Art. 71 du règlement : la guidance de la Commission ne la mentionne pas.

  3. 11 sept. 2026

    Signalement obligatoire

    L’Art. 14 entre en application. Toute vulnérabilité activement exploitée et tout incident grave doivent être signalés : alerte précoce à 24 heures, notification à 72 heures, rapport final ensuite. C’est la première obligation réellement contraignante du texte.

  4. 11 déc. 2027

    Application pleine

    Les exigences essentielles de l’Annexe I deviennent opposables, le marquage CE est requis, et le régime de sanctions de l’Art. 64 s’applique.

  5. 11 juin 2028

    Fin des certificats antérieurs

    Les certificats d’examen UE de type et décisions d’approbation délivrés au titre d’une autre législation d’harmonisation de l’Union cessent de valoir, pour les seuls risques que cette législation couvrait (Art. 69 § 1).

Prise de connaissance5champs obligatoires10champs obligatoires24 hAlerte précoce72 hNotificationMise à disposition du correctif14 joursRapport final
Les deux horloges de l’article 14

L’état d’avancement réel

Le calendrier légal est une chose, la disponibilité effective des instruments en est une autre. Trois chantiers institutionnels conditionnent la mise en conformité, et aucun n’est achevé. Ce constat est daté et revérifié à chaque mise à jour de cette page.

Suis-je concerné ?

La qualification se joue en trois questions, dans cet ordre : ce que je livre est-il un produit au sens du règlement, ce produit relève-t-il d’une exclusion sectorielle, et à quelle classe appartient-il. Les deux premières décident du périmètre ; la troisième décide seulement de la lourdeur de l’évaluation.

Le classement en classe I ou II — et donc l’obligation de passer par un organisme tiers — dépend de la fonction principale du produit, pas des technologies qu’il embarque. Un produit qui intègre un composant classé ne devient pas classé pour autant.

Charge de conformitéPar défautvous-mêmeImportant, classe Ivous, si référentiels *Important, classe IIorganisme tiersCritiqueorganisme tiers* ni norme harmonisée ni spécification commune publiée à ce jour : la voie tierce s’applique
Qui valide la conformité, régime par régime

Lire l’arbre de qualification, article par articleSituer mon produit en quelques questions

Ce que le non-respect coûte

Le régime de sanctions de l’Art. 64 s’applique à partir du 11 décembre 2027. Pour un manquement aux exigences essentielles, il prévoit des amendes administratives pouvant atteindre 15 000 000 € ou 2,5 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu.

Une atténuation existe : l’Art. 64 § 10 écarte l’amende, pour les micro et petites entreprises, au titre du seul non-respect du délai de vingt-quatre heures. Elle ne couvre ni les autres délais de signalement, ni les exigences essentielles.

Aucune amende n’a été prononcée à ce jour : le régime n’est pas encore applicable.

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